Colloque : “Décor et architecture (XVIIe-XVIIIe siècle)”, Lausanne, 24-25 novembre 2016

Décor et architecture (XVIIe-XVIIIe siècle) : entre union et séparation des arts / Décor and Architecture in the 17th and 18th centuries: Between Adherence and Autonomy

Université de Lausanne, 24-25 novembre 2016

Le décor, à la période moderne, est considéré comme l’une des parties fondamentales de l’architecture. Grâce à lui, celle-ci se distingue de la simple maçonnerie et peut revendiquer une forme d’excellence. Dans une telle perspective, le décor est une condition essentielle à l’architecture et non pas un élément marginal. Ce statut privilégié n’empêche cependant pas les commentateurs de s’en méfier : ils craignent la prolifération incontrôlée de l’ornement, qu’ils jugent nuisible à l’architecture. Le présent colloque ambitionne d’interroger la manière dont les rapports entre décor et architecture ont été pensés et pratiqués dans l’Europe des XVIIe et XVIIIe siècles.

2016 Call for papers Décor et architectureNotre perception de ces liens est souvent informée par des approches téléologiques. Ainsi, les thèses radicales véhiculées par certains écrits au XXe siècle, renvoyant le décor à la périphérie de l’architecture, ont-elles agi à la manière de prismes déformants. L’histoire de l’art, pour sa part, a souvent séparé l’étude du décor de celle de l’architecture, instituant de fait une rupture entre ces deux champs, susceptible de biaiser notre compréhension de la production artistique à la période moderne et d’en réduire la portée. Les études de cas révèlent des différences notables dans les modalités de l’invention du décor d’un édifice à l’autre. Les prérogatives des architectes s’avèrent variables selon les circonstances et les contraintes auxquels ils sont soumis, certains étant fortement impliqués dans la conception du décor, tandis que d’autres en laissent le dessein aux artistes ou hommes de métiers.

During the Early Modern Period, décor was considered to be one of the most fundamental elements of architecture. Thanks to décor, architecture could elevate itself beyond simple masonry and claim a superior status. Décor was thus defined as a necessary prerequisite for architecture, rather than a marginal component. However, despite its privileged status, many authors mistrusted it, fearing the harmful effect which an uncontrollable proliferation of ornament would surely have on architecture. This conference aims to question how the relations between décor and architecture were defined and implemented in Europe in the 17th and 18th centuries. 

Our perception of these relations has often been informed by teleological approaches: indeed, the radical ideas conveyed by certain 20th-century texts, which define décor as an unnecessary bi-product of architecture, have acted as a distorting prism. History of art, for its part, has often separated décor-related studies from architecture-related ones, suggesting a de facto rupture between these fields and potentially biasing our understanding of the artistic production of the Early Modern Period by reducing its scope. As various case studies have shown, the conditions to which the invention of a décor was subjected varied greatly from one building to another. The architects’ prerogatives differed according to the circumstances and constraints imposed on them: while some were largely involved in the invention of the décor, others delegated its conception to artists or workmen.

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