Travaux
Travaux sur la Suisse des Lumières
Comité éditorial: André Holenstein, Claire Jaquier, Martin Bondeli
Par la création de cette série, la Société Suisse pour l'Étude du XVIIIème Siècle a mis en place un nouvel espace éditorial destiné à recevoir des travaux sur la Suisse au temps des Lumières. Divers types d’ouvrages (monographies, recueils de travaux, sources et documents, instruments de travail...) sont publiés à un rythme non périodique. La série Travaux sur la Suisse des Lumières publie des textes dans les langues nationales et en anglais.
Reconceptualizing Nature, Science, and Aesthetics
Recueil de travaux édité par Patrick Coleman, Anne Hofmann, Simone Zurbuchen
N° 1 (1998), 1 vol., relié, ISBN 2-05-101590-2. CHF 80 ht / 58,55 € ttc
Depuis plusieurs années, on assiste en Suisse et ailleurs (en particulier aux Etats-Unis) à un renouveau de la réflexion et de la recherche sur le concept des Lumières helvétiques. Premier d’une série en cours, ce volume vient faire le point sur trois caractéristiques essentielles qui permettent de définir la particularité de la Suisse au milieu de l’Europe du XVIIIe siècle: le conditionnement religieux, la donnée géographique favorisant la circulation des idées et le contexte politique. Les dix-huit études réunies (en anglais, en français et en allemand) offrent d’abord une description du cadre intellectuel dans lequel se sont développés la philosophie, la théologie, le droit aussi bien que les sciences naturelles, les prémices d’une ethnologie et des « sciences de l’homme ». Puis, c’est la construction de l’espace culturel qui est considérée: les catégories esthétiques dominantes sont mises en valeur à travers l’analyse d’œuvres littéraires et picturales significatives et le mouvement des idées est illustré par quelques études de cas particuliers. Enfin, les beaux-arts, le théâtre, la philosophie et l’histoire fournissent ensemble les moyens d’illustrer et de décrire la pensée politique qui, dans ce contexte particulier, oscille sans cesse entre attachement à la tradition et aspiration au progrès. Les figures majeures des Lumières helvétiques sont commentées par les meilleurs spécialistes, dans un ensemble remarquablement cohérent.
Republikanische Tugend. Ausbildung eines Schweizer Nationalbewusstseins
und Erziehung eines neuen Bürgers
Recueil de travaux édité par Michael Böhler, Etienne Hofmann, Peter H. Reill,
Simone Zurbuchen
N°2 (2000), 1 vol., 624 p., relié, ISBN 2-05-101828-6. CHF 100 ht / 73,20 € ttc
Ce volume réunissant trente et une contributions du plus haut niveau (en allemand, en français et en anglais) présente une nouvelle étape dans la réflexion portant sur le concept comme sur la réalité des Lumières helvétiques. Centré sur la notion de vertu républicaine, cet ensemble propose une analyse interdisciplinaire approfondie du cadre politique spécifique de la Suisse au XVIIIe siècle. Le problème est d’abord traité dans l’optique des représentations ; la question du « mythe suisse » est reconsidérée à nouveaux frais, dans les perspectives croisées de l’histoire, de l’histoire de l’art et de l’architecture, des sciences naturelles et de la littérature. C’est ensuite l’émergence d’une conscience nationale et du concept même de nation qui est décrite dans un ensemble d’études abordant, sous des angles divers, la question du lien entre républicanisme et patriotisme. Suivent d’importantes considérations sur la notion et les pratiques de l’éducation - en particulier chez Jean-Jacques Rousseau - laquelle se voit chargée d’une nouvelle mission : la formation du citoyen. Enfin, le républicanisme helvétique est étudié dans son rayonnement européen, qu’il soit modèle, repoussoir ou prétexte à la réflexion ou aux agissements politiques. Ce volume montre à l’évidence que l’étude du cas particulier de la Suisse contribue de façon significative à une meilleure compréhension du phénomène beaucoup plus large que sont les Lumières européennes.
Quand le peuple devint roi
Mouvement populaire, politique et révolution à Genève de 1789 à 1794
Eric Golay
N°3 (2001), 1 vol., 688 p., relié, ISBN 2-05-101843-X. CHF 100 ht / 73,20 € ttc
Cet ouvrage a une double ambition. D’une part, mettre en lumière une période de l’histoire de Genève peu connue et le plus souvent délibérément occultée. D’autre part, livrer une tranche de vie populaire du XVIIIe siècle, avec ses passions et ses antagonismes, ses bons mots et ses violences, ses espoirs et ses craintes, sa raison et son utopie, son bon sens et sa folie. La période révolutionnaire genevoise présente un intérêt multiple. Pour la première fois, le suffrage universel est intégralement appliqué dans une cité, jusqu’à l’extrême limite de ses contradictions. Pour la première fois, le langage est celui de la politique moderne que nous connaissons, même si cette politique se greffe sur une société qui nous paraît archaïque. Pour la première fois, le peuple peut s’exprimer librement, réclamer, s’organiser, agir. Et par le vote, il est consulté sur la moindre question. Certes, cela ne va pas sans problèmes. Les principes sont trop nouveaux et le système est encore mal établi. Les oppositions sont nombreuses. De la peur d’un retour de flamme résulte une vigilance qui provoque des tensions et limite de fait la liberté d’expression : on la voudrait accordée à tous et le peuple révolutionnaire ne la donne pas aux opposants. L’expérience ne se déroule pas dans un climat économique serein. Les vivres et le travail sont rares ; or, que faire de la liberté quand on a l’estomac vide ? A l’extérieur, la proximité des armées françaises a permis la Révolution, mais la France se défie de la cité demeurée indépendante. « Sachons gré à Eric Golay de nous avoir par son récit aussi vivant que pénétrant, fait participer à sa démarche et contribué à inscrire Genève révolutionnaire à la place qui lui revient, dans l’histoire nationale et internationale. Non point un épisode un peu honteux, mais un moment de haute densité et de forte signification dans l’histoire de la démocratie. » (extrait de la préface de Michel Vovelle)
Heinrich Bosshard
Ein Leben zwischen zwei Welten
Daniel Schmid
N°4 (2002), 1 vol., 208 p., relié, ISBN 2-05-101869-3. CHF 58,60 ht / 44 € ttc
Diese Studie untersucht die grossen strukturellen Veränderungen wie Agrarmodernisierung, Protoindustrialisierung, Volksaufklärung oder Alphabetisierung, welche sich in der zweiten Hälfte des 18. Jahrhunderts in der Schweiz abspielten, aus der Perspektive des Kleinbauern und Tagelöhners Heinrich Bosshard aus Rümikon bei Winterthur. Unter Beizug eines mikrohistorischen Ansatzes wird der « armen Mann aus Rümikon » gewissermassen zum Brennpunkt, in dem sich wichtige Entwicklungen seiner Zeit bündelten. Es interessiert dabei vor allem, wie er diese Veränderungen erlebte und verarbeitete. Heinrich Bosshards Leben zeigt sowohl die neuen Möglichkeiten wie auch die Grenzen der Mobilität einer Ständegesellschaft im ausgehenden Ancien Régime auf. Neue Freiräume und Handlungsmöglichkeiten zu gewinnen bedeutete für ihn auch, sich aus bewährten, Sicherheit bietenden Institutionen wie der Dorfgesellschaft zu lösen und dadurch ein erhöhtes Mass an Unsicherheit und Ungewissheit erfahren und ertragen zu müssen. Sein tragisches Lebensende ist ein Indiz dafür, dass die erhöhte Mobilität im ausgehenden 18. Jahrhundert zumindest von einem Kleinbauern einen hohen Preis verlangte.
Salomon Gessner im Umkreis der Encyclopédie
Wiebke Röben de Alencar Xavier
Deutsch-französischer Kulturtransfer und europäische Aufklärung
N°5 (2006), 1 vol., 544 p., relié, ISBN 2-05-101957-6. CHF 110 ht / € 80 ttc
Der Schweizer Dichter, Maler, Verleger und Zürcher Ratsherr Salomon Gessner (1730-1788) gehört zu den Schlüsselfiguren der europäischen Aufklärung. Die erstmals chronologische und systematische Auswertung seiner Briefwechsel und die Analyse seiner Rezeption in französischer Sprache, fassbar in Vorreden, Rezensionen, Illustrationen sowie Übersetzungskonzeptionen, legen exemplarisch frei, inwiefern sich in der zweiten Hälfte des 18. Jahrhunderts über kulturellen Transfer Fremd- und Eigenwahrnehmungen formierten und transformierten. Die dynamischen Wechselbeziehungen zwischen Zürich, den anderen schweizerischen Regionen, den deutschen Territorialgebieten, England, Italien und vor allem Frankreich zeigen dabei, dass gerade Gessners Anteil an der Aufklärung im Hinblick auf eine Literaturgeschichte des kulturellen Austauschs erheblich zu differenzieren und teilweise neu zu bewerten ist.
La sensibilité dans la Suisse des Lumières
Entre physiologie et morale, une qualité opportuniste
Études dirigées et réunies par Claire Jaquier
N°6 (2005), 1 vol., 376 p., relié, ISBN 2-05-101962-2. CHF 65,50 ht / 48 € ttc
Dans son double sens, physiologique et moral, la sensibilité se situe à l’intersection des curiosités scientifiques et philosophiques les plus vives des Lumières. Les savants et les médecins interrogent avec acuité les impressions sensorielles, tentant de comprendre la solidarité des phénomènes physiques, psychiques et intellectuels dans le sujet humain. Les philosophes, les moralistes, les écrivains illustrent quant à eux cette disposition du cœur et de l’âme qu’est la sensibilité morale, définie comme la faculté d’être ému, d’éprouver de la compassion, de se sentir prédisposé à la bienfaisance. La recherche dix-huitiémiste appelle de ses vœux, depuis quelques décennies, des études transversales et croisées, qui prennent en compte l’apport des diverses cultures nationales à la constitution de ce tissu d’idées qu’on nomme Lumières. La contribution de la Suisse à la pensée et à la diffusion des Lumières a déjà été mise au jour par d’importants travaux, monographiques pour la plupart. Les productions intellectuelles suisses, et notamment francophones, ne sont toutefois pas encore entièrement défrichées et explorées. En focalisant leur attention sur les définitions et les usages de la notion de sensibilité dans les discours savants et les œuvres littéraires, les études réunies dans ce volume ont l’ambition de montrer en quoi la Suisse de la seconde moitié du XVIIIe siècle, telle une chambre d’échos, a répercuté, diffusé, et souvent prolongé les idées de l’Europe des Lumières. Avec des figures comme Jean-Jacques Rousseau, Charles Bonnet, Samuel-Auguste Tissot ou Albert de Haller, accompagnés d’une foule d’auteurs et de penseurs moins prestigieux mais souvent extrêmement productifs, la réflexion suisse sur la sensibilité participe à la passionnante histoire de l’homme des Lumières, se libérant de la tutelle des forces unes et souveraines – Dieu, l’âme, l’autorité de droit divin ; mais s’inquiétant de la richesse foisonnante du corps sensible, ou des ambiguïtés d’une morale du sentiment.
L’Encyclopédie d’Yverdon et sa résonance européenne
Contextes – contenus – continuités
Recueil de travaux édité par Jean-Daniel Candaux, Alain Cernuschi, Clorinda Donato,
Jens Häseler
N°7 (2005), 1 vol., 512 p., relié, ISBN 2-05-101964-9. CHF 100 ht / 75 € ttc
Les travaux réunis dans ce volume apportent de nouveaux éclairages sur l’encyclopédisme européen de la seconde moitié du XVIIIe siècle : ils associent l’étude des représentations (horizons d’attente, modèles implicites commandant les métamorphoses de la forme encyclopédique) et l’étude des pratiques rédactionnelles et éditoriales (circulation des textes et des images, modes de traitement des sources, transformation des contenus). En donnant une place prépondérante à l’Encyclopédie dite d’Yverdon qu’il situe dans un contexte largement international, cet ouvrage participe aussi, dans le prolongement des premiers volumes de la série, à une réflexion renouvelée sur les Lumières helvétiques.
Jane Austen in Switzerland. A Study of the Early French Translations
Valérie Cossy
N°8 (2006), 1 vol., 336 p., relié, ISBN 2-05-101963-0. CHF 80 ht / 58 € ttc
Jane Austen’s novels are among the best-loved in all of English literature. They are read and admired by a large audience in the English-speaking world, uniting highbrow criticism and popular culture. In the French-speaking world, on the other hand, Jane Austen is relatively unknown. Her novels may have been available in translation since the beginning of the nineteenth century, but French readers remain largely unaware of her canonical status in her own culture. She is for them the charming author of some pleasant romantic novels, but hardly a serious writer. A great novelist in the view of English and American literary criticism, she is little more than a quintessentially English spinster for French readers. Focusing on the early moment of the French reception auf Austen’s work, this book charts the origin of this discrepancy. Pride and Prejudice and Mansfield Park were the first of Austen’s novels to appear in French in a periodical called the Bibliothèque Britannique, published in Geneva between 1796 and 1815. The editors of the Bibliothèque Britannique aimed at the dissemination of British material over the continent. In their hands novels were trimmed to become suitable reading for „mothers and daughters“. A translation of Sense and Sensibility and then of Persuasion soon followed. These were the work of Isabelle de Montolieu, a rather formidable literary figure in the French book trade of the early nineteenth century. From her house near Lausanne, the baronne Isabelle de Montolieu, as she was known, made a living out of her numerous adaptations from German and English fiction, which she knew how to transform in order to please French readers. Her name and reputation were to eclipse those of Jane Austen for a long while.
Samuel-Auguste-André-David Tissot – Johann Georg Zimmermann
Correspondance 1754-1797
Publiée et annotée par Antoinette Emch-Deriaz
N°9 (2007), 1 vol., 992 p., relié, ISBN 2-05-102021-3, CHF 120 ht
Hors des conventions épistolaires, les médecins suisses Tissot et Zimmermann, dans un échange de lettres qui dura plus de quarante ans, conversèrent, dans l'intimité et la liberté que donne l'écriture solitaire, de tout ce qui les touchait et entourait. Leur correspondance, présentée pour la première fois dans l'entier du survécu, trace un portrait de leur milieu cosmopolite. Ils parlent avec franchise des tensions de leur profession ; ils jaugent leurs contemporains, faisant de leurs échanges un témoignage précieux de leur époque. Lecture passionnante qui, au fil des lettres, offre un regard nouveau sur la médecine, les médecins et l'Europe des Lumières.
Sammeln und Sammlungen im 18. Jahrhundert in der Schweiz / Collections et pratiques de la collection en Suisse au XVIIIe siècle.
Akten des Kolloquiums Basel, 16.-18. Oktober 2003 / Actes du colloque, Bâle, 16 au 18 octobre 2003.
Recueil de travaux edité par Benno Schubiger avec la collaboration de Dorothea Schwinn Schürmann et Cecilia Hurley
No 10 (2007), 1 vol., 536 p., relié, ISBN 978-2-05-102024-4, CHF 75.- / € 55 ttc
Die Beiträge dieses Bandes beleuchten im interdisziplinären Dialog zahlreiche Aspekte des schweizerischen Sammlungswesens im Zeitalter der Aufklärung. „Sammler- und Sammlungs-typen“, „Vermittler und Vermittlung“ sowie „Methoden und Strömungen“ bilden die drei Sektionen, welche unterschiedliche Schwerpunkte in den verschiedenen Wissenschaftsbereichen Geschichte, Kunstgeschichte, Literatur und Wissenschaftsgeschichte darlegen. Aufbauend auf unterschiedlichen Forschungsansätzen und Methodendiskursen wirft der Band ein neues Licht auf Sammler und Sammlungen in Basel, Bern, Zürich, Luzern, Neuenburg und Genf. Darüber hinaus bietet er Einblick in das bibliophile Sammeln durch Bibliotheken. Schliesslich thematisiert er auch die zahlreichen Beziehungen der Schweiz mit dem Ausland und erbringt den Nachweis, dass auch ein Land ohne spektakuläre Weltmuseen und Fürstenkollektionen die Sammelleidenschaften im Europa des 18. Jahrhunderts befruchten konnte.
Genève, lieu d’Angleterre, 1725-1814 / Geneva, an English Enclave, 1725-1814.
Edité par Valérie Cossy, Béla Kapossy, Richard Whatmore.
No 11 (2009), 1 vol., 348 p., relié, ISBN 978-2-05-102095-4.
Ce livre a pour point de départ une remarque faite en 1814 par l’historien et économiste Jean-Charles-Léonard Simonde de Sismondi selon laquelle Genève serait devenue „une ville an-glaise sur le Continent“. Les différentes contributions qui le composent permettent de situer le contexte dans lequel s’insère cette description quelque peu inattendue. Les relations tissées par Genève avec la Suisse, la France ou l’Italie ont déjà fait l’objet de nombreux travaux de la part des historiens. Les liens entre Genève et l’Angleterre, par contre, ont été négligés par les chercheurs. Ce livre dévoile l’ampleur de ces liens et des échanges entre la république indépendante de Genève et la monarchie britannique, entre la culture et les mœurs anglaises et celles de l’élite genevoise, entre quelques personnalités de premier plan et entre les institutions religieuses, littéraires et scientifiques de part et d’autre. Genève, lieu d’Angleterre retrace les progrès de l’anglomanie montante et le déclin de l’anglophobie, une évolution qui affecte Genève à l’image d’autres petits Etats indépendants en Europe pendant le « long dix-huitième siècle ». Réunissant des spécialistes en histoire, en littérature, en philosophie et en économie politique, Genève, lieu d’Angleterre est un bon exemple de recherche comparative et interdisciplinaire qui devrait intéresser les étudiants et les chercheurs aussi bien en lettres qu’en sciences sociales.
Reichtum und Armut in den schweizerischen Republiken des 18. Jahrhunderts – Richesse et pauvreté dans les républiques suisses du XVIIIe siècle
Hg. von André Holenstein, Béla Kapossy, Danièle Tosato-Rigo, Simone Zurbuchen.
No 12 (2010), 1 vol., 328 p., ISBN 978-2-05-102127-2.
Ce volume réunit une vingtaine de contributions de différentes disciplines
présentées au colloque international Richesse et pauvreté dans les Républiques
suisses organisé à l’université de Lausanne en novembre 2006. Placé sous l’égide de la
Société suisse pour l’étude du XVIIIe siècle, ce dernier a été mis sur pied à
l’initiative d’historiens des idées et d’historiens s’intéressant aux pratiques
politiques, socio-économiques et culturelles dans l’Ancienne Confédération. Sans
rechercher l’exhaustivité, ce colloque a mis l’accent, plutôt que sur deux situations au
caractère antithétique, sur un binôme problématique: conçues dans un rapport dialectique,
richesse et pauvreté renvoient au final à l’inégale répartition des ressources et
aux tensions qui l’habitent. Des tensions que le flot d’écrits consacrés à l’époque des
Lumières à la question de la pauvreté traduisent de manière éloquente. Qu’elles soient
générées par des changements économiques structurels ou conjoncturels, des variations
de niveaux de vie, la mobilité sociale, une crise (celle de 1770/71 par exemple), par
le développement d’une économie marchande englobant les campagnes, par la mise en
péril de l’équilibre bourgeois-habitants, mais aussi par des changements culturels –
impact des idées des Lumières, laïcisation de la société –, ces tensions
suscitent des interrogations qui ont constitué le fil rouge de ce colloque, et la matière à
plusieurs de ses discussions, réparties en cinq volets: I. Les républiques suisses et
leurs pauvres, II. Du luxe monarchique à la frugalité républicaine, III. Au-delà du luxe et
de la charité, IV. Assistance et concepts éducatifs, V. Solidarité et distinction.
Textes
Infortunes du jeune chevalier
Jean-Louis Bridel
Textes N°1 (2002), 1 vol., 160 p., relié, ISBN 2-05-101912-6. CHF 50 ht / 37 € ttc
Reposant sur une donnée historique contemporaine, ce récit retrace les étapes d’une destinée marquée par l’insatisfaction et par l’échec. Le héros, jeune Français attiré par la carrière des armes, se signale par son instabilité caractérielle autant que par sa capacité à se justifier au nom de bons sentiments ; après avoir rompu une relation sentimentale qui lui avait fait croire un moment à la possibilité du bonheur, il connaîtra la fin misérable du déserteur exilé et abandonné de tous. Par son sentimentalisme ostentatoire, son abandon aux impulsions de la nature, sa mélancolie diffuse et l’amertume de ses réflexions sur l’existence, le chevalier de La Lande incarne ainsi un personnage préromantique, reflétant la mentalité et les goûts de son époque. Ce bref roman par lettres, paru à Lausanne en 1781, est dû à la plume d’un pasteur érudit et moraliste, appartenant à une famille vaudoise célèbre et frère du doyen Bridel. Prenant la forme d’une correspondance adressée à un ami confident, parsemée d’anecdotes, de pièces de vers et de tours sentencieux, il fait la part elle aux épanchements d’un cœur trop sensible pour lequel la vertu ne consiste guère qu’à obéir à ses propres élans.
Albrecht von Haller. Premier Voyage dans les Alpes et autres textes 1728-1732
Edition établi, annoté et présenté par Aurélie Luther. Sous la direction de Claire Jaquier. Avec la collaboration de Laure Chappuis Sandoz et Luc Lienhard.
Textes N°2 (2008), 1 vol., 163 p., relié, ISBN 978-2-05-102060-2, CHF 51.20 ttc
Albrecht von Haller (1708-1777) a connu la célébrité littéraire en son temps en publiant Les Alpes. Ce poème est inséparable des récits de voyage en Suisse et dans les Alpes que Haller écrivit en français ou en latin. Quatre récits, difficilement accessibles ou inédits, se trouvent réunis ici: ils révèlent le monde alpestre sous le regard curieux du voyageur et du savant passionné d’histoire naturelle. Le Premier Voyage dans les Alpes, 1728 relate un parcours d’un mois à travers la Suisse et représente pour Haller son premier contact avec la réalité alpestre; il constitue la matière du poème Les Alpes, qui sera rédigé pendant l’hiver suivant. « Le trentième juin 1731 je partis… » a pour objet un bref voyage au cours duquel Haller s’adonne à la botanique, comme le montre de manière plus technique le texte de l’Iter Alpinum, issu du même parcours. Dans le dernier texte, la Troisième relation d’un voyage fait sur les Alpes au mois de juillet 1732, les intérêts botaniques laissent place à des considérations générales sur le climat, le milieu et les hommes qui l’habitent. L’espace géographique de ces voyages est sensiblement le même – le Jura, le Plateau, les Préalpes et les Alpes -, mais les hasards de la route, les points de vue sur le paysage ainsi que le regard sur les régions traversées changent, conférant à chaque texte son coloris propre.
Micheli du Crest. Discours en forme de lettres sur le gouvernement de Genève (1735)
Édité par Kenneth Goodwin, Guillaume Poisson, Gabriella Silvestrini et Richard Whatmore
N°3 (2011), 1 vol., 336 p., ISBN: 978-2-05-102168-5
Officier au service de France, expert en fortifications, urbaniste, philosophe expérimental, inventeur d’un « thermomètre universel », auteur
de la première carte panoramique des Alpes, Jacques-Barthélemy Micheli du Crest (1690-1766) a joué un rôle de premier plan dans l’Europe du XVIIIe siècle en raison de ses actions et de ses idèes
politiques. Issu d’une famille patricienne genevoise d’origine lucquoise, il entre bientôt en conflit avec sa famille et l’oligarchie en
place à Genève. Condamné d’abord en 1728, puis en 1729 et 1730, il se
livre à l’étude des institutions politiques genevoises et lie sa cause
avec celle des opposants au gouvernement qui souhaitent une réforme
du système politique de la République. En 1735, sa condamnation à
mort est prononcée par contumace et son effigie est exécutée à Genève.
Inlassable critique du gouvernement, il sera finalement arrété à
Neuchâtel en 1746 et, impliqué dans la « conjuration de Henzi », sera
condamné par les autorités de Berne à la prison à perpétuité. Enfermé à la forteresse de Aarbourg, sa libération n’aura lieu que peu de temps
avant sa mort en 1766. Dans son Discours en forme de lettres sur le
gouvernement de Genève – terminé en 1735 et resté à l’état de manuscrit jusqu’à ce jour – Micheli du Crest
expose pour la première fois, de manière systématique, sa pensée politique dans un effort de justification
et de défense vis-à-vis des « injustes sentences » dont il est frappé. Preuve, selon lui, de la dérive tyrannique
du régime genevois où la souveraineté originelle du peuple est en train d’être confisquée par un petit
nombre de magistrats. Le destin et les oeuvres de cet aristocrate « révolté » ne manquent pas d’éclairer –
voire de préfigurer – plusieurs aspects des vicissitudes genevoises de l’auteur du Contrat social. Mais,
au-delà de l’affaire Rousseau, la théorie de Micheli du Crest est en elle-même d’un intérêt indéniable par
sa manière de combiner une conception radicale de la souveraineté exercée directement par le peuple avec
une vision hiérarchique et aristocratique des bases sociales de la démocratie. Ce Discours en forme de lettres
présente une expression originale du républicanisme protestant qui, avec ses multiples variantes,
contribue à façonner de manière caractéristique la pensée politique de la Suisse des Lumières.
commande (pour membres)
A paraître
De la Théorie à l’Action. Les savoirs et leur mise en œuvre au siècle des Lumières / Von der Theorie zur Praxis. Theorien und ihre Umsetzung im Zeitalter der Aufklärung.
Actes du Colloque international de Neuchâtel, 10-12 décembre 2009, éd. par Valérie Kobi
Helen Maria Williams : A Tour in Switzerland
Edition critique par Patrick Vincent et Florence Widmer-Schnyder
Emilie du Châtelet. Essai sur l’optique
Hg. von Fritz Nagel unter Mitarbeit von Sulamith Gehr
Menschenrechte und moderne Verfassung. Die Schweiz im Übergang vom 18. zum 19. Jahrhundert / Droits de l’homme et constitution moderne. La Suisse au tournant des 18ème et 19ème siècles
Akten der Tagung an der Universität Freiburg/Schweiz, 18.-20. November 2010
Hg. von S. Arlettaz, R. Pahud de Mortanges, D. Tröhler, A. Würgler, S. Zurbuchen
Respublica bernensis. Politische Texte zur Berner Aufklärung
Hg. von Béla Kapossy
Edition critique des lettres parisiennes de Maurice Glayre à Stanislas-Auguste Poniatowski, été 1787
François Rosset
Les volumes peuvent être commandés aux
Éditions Slatkine - 5, rue de Chaudronniers - CP 3625 - CH-1211 Genève 3
Tél. 022 776 25 51 – Fax 022 776 35 27 - e-mail slatkine@slatkine.com
Note : les auteurs, contributeurs et membres de la SSEDS bénéficient d’une remise de 35% sur les ouvrages de la série.
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